Tribune de Me Albert-FAbrice Puela : « le 16 février 1992, un massacre qui nous hantera toujours»

Il y a 34 ans, jour pour jour, une marche pacifique de chrétiens à Kinshasa se transformait en un véritable carnage, laissant derrière elle des dizaines de morts et de blessés. Cet événement, connu sous le nom de « Marche des chrétiens », est considéré comme un tournant dans l’histoire de la République démocratique du Congo. Des milliers de personnes, principalement des étudiants et des fidèles catholiques, avaient décidé de descendre dans les rues pour protester contre la suspension de la Conférence nationale souveraine, qui visait à redonner la parole au peuple et à jeter les bases d’une démocratie véritable. La marche, qui devait être pacifique, a été brutalement réprimée par les forces de l’ordre, laissant derrière elle un bilan lourd.

Dans sa tribune publiée ce lundi 16 février 2026, dont une copie est parvenue à la rédaction de CONGOINFO.NET, Me Albert Fabrice Puela, Avocat, Député national honoraire et Ministre honoraire des Droits humains, témoin de cet événement, a partagé son témoignage, «…,nous avions des Bibles et des chapelets, nous ne réclamions ni privilèges ni vengeance. Nous exigions le respect de la souveraineté du peuple et de sa dignité», a-t-il écrit.

Ce témoin de l’événement a fait savoir que la marche du 16 février 1992 a eu un impact considérable sur l’histoire du pays. Elle a marqué le début d’une longue lutte pour la démocratie et les droits de l’homme en RDC,«…,aujourd’hui, alors que des appels au dialogue émergent face aux défis sécuritaires, institutionnels et politiques, la mémoire du 16 février 1992 nous oblige à la lucidité, à la cohérence et à la fermeté », a-t-il dit.

Et de poursuivre, «..,le dialogue ne peut en aucun cas affaiblir la souveraineté populaire, et la légitimité procède des urnes et de la Constitution », a-t-il martelé avant d’ajouter : «Il est essentiel de se souvenir des sacrifices consentis pour éviter les répétitions tragiques de l’histoire».

Toujours dans son témoignage, l’ancien ministre de droits humains a mentionné que la communauté internationale a également réagi à cet événement en exprimant leur choc face à la répression violente de la marche du 16 février 1992,«..,nous devons continuer à soutenir les efforts de la RDC pour consolider la démocratie et les droits de l’homme» a déclaré en citant un diplomate occidental.

De son côté, le gouvernement congolais n’a pas encore réagi officiellement à cet événement. Cependant, il est clair que la mémoire du 16 février 1992 continue de hanter la conscience nationale.

Alors que la RDC continue de naviguer dans des eaux troubles, il est essentiel de se rappeler les leçons du passé. Me Fabrice Puela a conclu sa tribune en affirmant que la démocratie et les droits de l’homme sont des acquis fragiles qui doivent être protégés et consolidés, «…,la mémoire du 16 février 1992 nous rappelle que la lutte pour la justice et la souveraineté est loin d’être terminée», a-t-il renchéri.

Dorcas Nzumea