Une vive controverse secoue l’Inspection Générale du Travail (IGT) en République démocratique du Congo, à la suite d’une correspondance émanant du Syndicat national des inspecteurs et contrôleurs du travail (SYNICTRA), par le truchement de son 1er vice président, Papy-José Kasongo Otanda Bin Mangaza. Dans ce document signé le 16 avril dernier, dont une copie parvenue ce jour à la rédaction Concoinfo.net, le rédacteur critique ouvertement certaines réformes engagées par le ministre du Travail et Emploi, Masamba Wa Masamba, notamment celles relatives au rajeunissement et à la restructuration de l’administration de l’IGT, pourtant alignées sur la vision du Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, visant à moderniser les services publics.
Au cœur des tensions figure la politique de renouvellement des cadres. Le ministère a entrepris de remplacer progressivement certains responsables en poste par de jeunes diplômés, titulaires de licences et de doctorats, dans une optique de professionnalisation accrue. Une démarche qui rompt avec les pratiques antérieures, où des fonctions de direction pouvaient être occupées sans exigences académiques élevées, voire sans diplômes formellement établis. Cette orientation est perçue par certains agents mal intentionnés comme une mise à l’écart brutale, alimentant ainsi un climat de méfiance et de contestation.
Parallèlement, la situation sociale des inspecteurs et contrôleurs du travail demeure préoccupante. Plusieurs sources évoquent des arriérés de salaires allant jusqu’à quatre mois, une réalité qui fragilise les conditions de travail et accentue les frustrations internes. Dans ce contexte, certains observateurs s’interrogent sur les priorités du mouvement syndical, partagé entre la défense des intérêts immédiats de ses membres et la contestation des réformes administratives en cours.
Face à cette situation, l’équilibre entre modernisation institutionnelle et apaisement social apparaît comme un défi majeur pour les autorités. Si les réformes engagées visent à améliorer l’efficacité et la crédibilité de l’administration publique, leur mise en œuvre nécessite un dialogue inclusif afin d’éviter une crispation durable au sein des services concernés.
Dario Kiaka










