RDC/Dialogue intercongolais : La société civile exige un processus plus inclusif et impartial

ALERTE-RDC, Congo 2060, AJDDH, Patriotisme Oblige, Ekoki, et la LUCHA, telles sont les organisations de la société civile congolaise sorties du silence après les récentes déclarations du Président Félix Antoine Tshisekedi sur le cadre du prochain dialogue National et inclusif en gestation. Dans une déclaration publique, dont une copie est parvenue à la rédaction CONGOINFO.NET ce mardi 11février 2026, elles appellent à la tenue d’un dialogue intercongolais véritablement inclusif pour faire face à la crise sécuritaire, politique et sociale que traverse la République démocratique du Congo, après avoir pris acte de la récente intervention du chef de l’État sur sa vision face aux enjeux de l’heure.

Affirmant partager l’urgence d’un tel processus bien que marquant « des divergences sur certains éléments clés de son approche », elles rappellent cependant que, « le respect du cessez-le-feu demeure indispensable ».

Ainsi, les organisations signataires rejettent fermement toute exclusion dans le futur dialogue national. «…un dialogue national qui exclut certains Congolais n’en est pas un. Nous dénonçons des conditions restrictives et exclusives qui pourraient transformer l’initiative en un simulacre de dialogue ressemblant davantage à un monologue », expliquent-elles, avant de préciser que, «…la paix ne se décrète pas; elle se construit avec toutes les parties, dans la sincérité, l’écoute et la confiance ».

Ensuite, les signataires plaident également pour une médiation indépendante et crédible, impliquant notamment la CENCO, l’ECC, l’Union africaine, la société civile et des partenaires disposant d’une expertise en matière de dialogue national. « Un dialogue placé sous le contrôle exclusif de l’État et des institutions de la République ne saurait inspirer confiance. Ses conclusions risqueraient d’être rejetées par les acteurs exclus et de les pousser à chercher d’autres voies pour se faire entendre », préviennent-elles.

Par ailleurs, elles insistent sur la nécessité de concilier dialogue et justice. « Les enquêtes judiciaires doivent se poursuivre, mais ne peuvent servir de prétexte pour écarter certaines voix ou verrouiller le débat national. La réconciliation exige l’écoute de tous, y compris de ceux considérés comme adversaires ou politiquement dérangeants», souligne la société civile.

Réaffirmant son attachement à « un dialogue véritablement inclusif, impartial et fondé sur la transparence », la société civile appelle les dirigeants à intégrer davantage la population dans la recherche de solutions durables et exhorte les Congolais à rester vigilants, engagés et déterminés. «…la voix du peuple congolais ne peut être ni muselée ni confisquée », concluent les signataires.

Dario Kiaka