Le Vice-ministre du Budget, Élysé Bokumwana, a clôturé, ce mercredi 22 juillet, au nom du Vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, les conférences de performance consacrées à l’examen des Projets annuels de performance (PAP) devant accompagner le projet de loi de finances de l’exercice 2027.
« Le rapport final de ces conférences constituera un apport aux conférences budgétaires qui s’ouvrent ce lundi. Que cette expérience nous rappelle que la réussite de la réforme du budget-programme repose avant tout sur notre capacité collective à nous mobiliser, à nous corriger et à avancer ensemble, dans un dialogue permanent entre les équipes techniques et la hiérarchie. C’est ce qui nous permettra d’aborder sereinement le basculement effectif vers le budget-programme », a déclaré le Vice-ministre Élysé Bokumwana.
Ces assises ont réuni 53 administrations sur les 57 attendues. Sous la conduite des secrétaires généraux et de leurs représentants, ces conférences ont permis aux délégations ministérielles d’échanger avec les experts du ministère du Budget sur les principales composantes des PAP; notamment les stratégies sectorielles, les objectifs, les indicateurs de performance, les cibles de résultats, ainsi que l’évolution des crédits et des effectifs.
Au terme des travaux, les participants ont examiné 171 programmes, 624 actions, 231 objectifs stratégiques, 700 objectifs opérationnels et 1 612 indicateurs de performance. Les échanges ont permis d’évaluer la qualité des PAP, d’identifier les insuffisances techniques et méthodologiques et de formuler des orientations visant à renforcer leur conformité aux exigences du budget-programme.
Selon le rapport de synthèse présenté par Alain Lubamba, directeur général de la Direction générale de développement et de suivi des performances (DGDSP), les conférences ont notamment relevé plusieurs défis, dont la concentration de plus de 60 % des crédits dans le programme « Administration générale », la faiblesse de certains indicateurs de performance, des stratégies de programme encore insuffisamment développées, des tableaux budgétaires incomplets, ainsi qu’un besoin accru de renforcement des capacités des équipes techniques et de stabilisation des acteurs impliqués dans l’élaboration des PAP.
L’analyse qualitative des indicateurs montre que 35 % mesurent l’efficacité socio-économique des politiques publiques, 10 % la qualité des services rendus aux usagers et seulement 0,5 % l’efficience de la gestion publique, tandis que 54,5 % restent encore centrés sur les moyens, les activités ou les produits.
Par ailleurs, 71 % des objectifs de performance et 67 % des indicateurs sont nouveaux, traduisant une évolution du cadre de performance avec l’introduction d’objectifs et d’indicateurs au niveau des actions.
À l’issue des assises, les participants ont recommandé de poursuivre le renforcement des capacités des acteurs du budget-programme, d’améliorer la qualité des indicateurs en privilégiant ceux orientés vers les résultats, la qualité des services publics et l’efficience de la gestion, d’intensifier la vulgarisation des textes régissant le budget-programme, d’élaborer un guide sur les critères de sélection des opérateurs de l’État, conformément au décret sur la gouvernance budgétaire, ainsi que de renforcer la collaboration entre les cabinets ministériels, les secrétariats généraux et les services sous tutelle.
« Malgré les défis relevés, les conférences ont permis d’évaluer le niveau de maturité des ministères dans l’appropriation de la budgétisation par programme, de valider les Projets annuels de performance qui accompagneront le projet de loi de finances 2027, de renforcer la culture de la performance au sein des administrations publiques et d’améliorer la robustesse du dispositif d’évaluation grâce à une meilleure documentation des indicateurs», a dit le DG Alain Lubamba.
Cette édition revêt un caractère stratégique, puisqu’elle constitue l’avant-dernière conférence de performance avant l’entrée en vigueur du budget-programme, prévue le 1er janvier 2028. Cette échéance marquera une étape majeure de la réforme de la gestion des finances publiques en République démocratique du Congo, après les moratoires accordés par la Représentation nationale en 2018 et en 2023.
Bivince Mpungu





