RDC/Affaire Vally Amisi: Voici pourquoi Beni Mukena n’est toujours pas extradé à Kinshasa depuis son arrestation à Brazzaville

Le présumé assassin de Vally Amisi, Beni Mukena Muepu  interpellé à Brazzaville n’est toujours pas livré à à Kinshasa pour être jugé dans l’affaire d’assassinat de son ami Vally Amisi, mort dans des circonstances non élucidées, dans une chambre  d’hôtel à Kinshasa

Après  que la justice congolaise ait lancé  un avis de recherche du premier suspect  qui se trouve  être  son ami, Béni Mukena Muepu, qui selon les images  de vidéo surveillance qui circulaient les réseaux sociaux, était  indexé  comme premier suspect.

Qui a réellement fait fuiter les vidéos de l’interrogatoire de Beni Mukena ? Nous rappelons qu’en plus des deux commandants rétrogradés hier au grade de brigadier, deux colonels sont également aux arrêts pour 60 jours, avant leur passage devant les conseils de discipline. Cette décision ferme a été prise par le ministre de l’Intérieur, Jean Olessongo Ondaye.

*Voici ce qui s’est réellement passé.*

Après que Beni Mukena ait été livré par la personne qui le gardait à Brazzaville, celle-ci est entrée en contact avec la famille de Vally Amisi afin de mobiliser les policiers de Brazzaville pour procéder à son arrestation. Beni Mukena est finalement arrêté.

Pour les deux commandants et les deux colonels impliqués, cette arrestation devient alors une affaire d’argent. Les officiers exigent 20 000 dollars en échange de la remise de Beni Mukena.

Parmi les personnes auxquelles les officiers demandent de l’argent, l’une d’elles retourne rapidement à Brazzaville et explique qu’elle doit repartir à Kinshasa pour réunir la somme. Pour obtenir cet argent, elle demande la vidéo de l’interrogatoire afin de la montrer aux personnes citées par Beni Mukena.

*Les policiers lui transmettent alors la vidéo.*

Une fois à Kinshasa, l’intéressé utilise la vidéo pour obtenir de l’argent auprès des personnes citées pendant l’interrogatoire. Après avoir rempli ses poches, il publie la vidéo après avoir coupé la partie dans laquelle Beni Mukena cite certains noms.

La diffusion de la vidéo provoque la colère des autorités de Kinshasa, qui alertent immédiatement Brazzaville. Informé de la situation, le ministre de l’Intérieur, Jean Olessongo Ondaye, convoque le commissaire central Landou et exige des explications.

*Aujourd’hui, les deux colonels sont aux arrêts et les deux commandants ont été rétrogradés au grade de brigadier.*

En clair : la vidéo n’a pas été publiée par Brazzaville. Elle a été récupérée auprès des policiers dans le cadre d’une affaire de rançon avant d’être exploitée et diffusée à Kinshasa.

Cette affaire met en lumière de graves pratiques de corruption au sein de certains services de police. Des agents censés faire respecter la loi se retrouvent eux-mêmes impliqués dans des accusations de demandes d’argent et de rançons.

Ceux qui voulaient s’enrichir grâce à cette affaire se retrouvent aujourd’hui derrière les barreaux, tandis que d’autres ont été rétrogradés.

Les conseils de discipline devront maintenant établir les responsabilités de chacun.

Bivince Mpungu