Finances/Eurobond en RDC : une première réussie mais un exercice d’équilibriste pour Kinshasa

La République démocratique du Congo a bouclé avec succès sa première émission d’eurobond. L’opération, très attendue par les milieux financiers, a permis au Trésor public de mobiliser plusieurs centaines de millions de dollars sur les marchés internationaux.
Pour sa première émission d’Euro-obligations, la RDC a levé des fonds sur les marchés financiers internationaux. Une opération saluée comme un signal de confiance, mais qui impose à Kinshasa une gestion budgétaire rigoureuse face au coût de la dette et aux attentes des investisseurs.

Cette levée de fonds vise à financer des projets d’infrastructures prioritaires et à alléger la pression sur les ressources internes. Pour Kinshasa, c’est aussi un test de crédibilité auprès des investisseurs étrangers après plusieurs années de réformes macroéconomiques.

Si l’accueil du marché est jugé positif, l’exercice reste délicat. Le taux d’intérêt obtenu reflète la prime de risque liée au pays et engage le gouvernement sur plusieurs années. Chaque échéance de remboursement devra être honorée pour préserver la signature de la RDC.

Pour le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, « .., aujourd’hui nous ne célébrons pas 1,25 milliards USD, mais nous célébrons la crédibilité des finances publiques. L’eurobonds n’est pas un endettement simple…beaucoup de gouvernements avant nous ont échoué, un ministre des Finances a essayé mais s’est arrêté en chemin. l’eurobonds est le fruit de la crédibilité des finances d’un pays. » a-t-il déclaré au cours d’un point de presse donné ce lundi 13 avril 2026 à Kinshasa

Entre opportunité et vigilance, ce premier Eurobond place la RDC à la croisée des chemins. Réussir ce pari financier exigera plus que la confiance des marchés : il faudra des résultats visibles, une gouvernance irréprochable et une communication claire sur l’affectation de chaque dollar levé. C’est à ce prix que Kinshasa transformera cet essai en levier durable de développement.

Marleine Malela