JUSTICE : L’opposant Kamizelo Parole condamné à deux ans de prison ferme pour « offense au Chef de l’État »

​Le verdict est tombé ce vendredi 13 mars 2026 au Tribunal de paix de Ngaliema. L’acteur politique de l’opposition, Kamizelo Parole, a été reconnu coupable d’offense au Chef de l’État et  propagation de faux bruits.

​C’est dans une salle d’audience sous haute surveillance que le juge a prononcé la sentence maximale prévue par la loi : 24 mois de servitude pénale principale. Le tribunal a suivi les réquisitions du ministère public, estimant que les propos tenus par le prévenu dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux dépassaient le cadre de la liberté d’expression pour entrer dans celui de l’outrage institutionnel.

​L’affaire repose essentiellement sur une intervention filmée où l’opposant critiquait de manière virulente la stratégie militaire dans l’Est du pays, remettant en cause l’autorité du Commandant suprême. Pour le tribunal, ces déclarations étaient de nature à « saper le moral des troupes » et à « porter atteinte à l’honneur de la première institution du pays ».

​La défense, conduite par Me Éloi Mubilansam, a plaidé la relaxe pure et simple, invoquant le droit constitutionnel à la critique politique. « C’est un jour noir pour la démocratie. On condamne un homme pour ses idées et ses mots, pas pour des faits criminels », a déclaré l’avocat à la sortie de l’audience.

​Du côté de la majorité, on salue une décision qui « rappelle que la liberté ne donne pas le droit d’insulter la nation ». Cependant, pour les plateformes de l’opposition, ce verdict est perçu comme une manœuvre de « neutralisation » visant à réduire au silence les voix discordantes à l’approche des prochaines échéances électorales.

​La bataille judiciaire n’est toutefois pas terminée : la défense a déjà annoncé son intention d’interjeter appel dès lundi.

Dorcas Nzumea