La Coalition de la société civile pour la promotion et la protection des droits économiques, sociaux et culturels (DESC) dénonce le traitement qu’elle qualifie d’« inhumain et illégal » réservé aux victimes des démolitions et expropriations menées par l’Hôtel de ville de Kinshasa. Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi 20 janvier 3026, son coordonnateur, Jean Bosco Puna, a annoncé la saisine de la Cour constitutionnelle afin de contester le non-respect des procédures légales et d’exiger l’indemnisation ainsi que le relogement des familles affectées.
Selon Jean Bosco Puna, les propriétaires occupants des maisons et immeubles situés sur l’avenue Funa, dans le quartier Boyoma, ont été surpris par une opération de démolition menée en violation manifeste des lois de la République et des instruments juridiques internationaux. «…ces familles disposent pourtant de documents officiels délivrés par les services de l’État il y a près de 60 ans. Cette situation dramatique a malheureusement conduit au décès de Papa Boniface Kabuina, qui n’a pas pu supporter ces épreuves », a-t-il dénoncé.
Face à ce qu’elle qualifie de violations répétées, la coalition DESC affirme avoir engagé une action constitutionnelle. « Nous avons saisi la Cour constitutionnelle pour inconstitutionnalité des actes posés par l’exécutif provincial, qui a enfreint les articles 12, 34, 48 et 49 de la Constitution », a déclaré Jean Bosco Puna.
Et de poursuivre,
«…la Haute Cour doit assumer ses responsabilités en annulant ces actes et en veillant à la relocalisation et à l’indemnisation effectives des victimes », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, la coalition DESC recommande aux citoyens détenteurs de documents officiels délivrés par les services de l’État de se faire identifier en vue d’éventuelles démarches d’indemnisation. Elle a également salué le projet de loi sur la réforme foncière initié par la ministre des Affaires foncières, O’Neige Nsele, estimant que « ce texte, en attente de promulgation, constitue une avancée majeure pour sécuriser les droits fonciers et mettre fin aux irrégularités », dans un contexte où l’exécutif provincial mène depuis juin une vaste opération de démolition et d’assainissement à Kinshasa.
Dario Kiaka










