RDC/ Nouvelles plaques d’immatriculation : La CNPAV alerte sur un manque à gagner massif autour du changement

La Coalition nationale pour la protection des actifs de l’État et de la vie publique (CNPAV) tire la sonnette d’alarme sur l’opération de remplacement généralisé des plaques d’immatriculation en République démocratique du Congo, qu’elle estime porteuse de graves risques financiers et de gouvernance. Elle révèle que le parc automobile congolais est évalué à environ trois millions de véhicules, une opération de changement obligatoire des plaques, facturée à 100 USD par véhicule, représenterait ainsi un enjeu financier de plusieurs centaines de millions de dollars. 

Dans un communiqué de presse dont une copie est parvenue à la rédaction CCONGOINFO ce jeudi 08 janvier 2026, la CNPAV rapporte que l’intermédiaire local achèterait les plaques à environ 30 USD pour les revendre indirectement à l’État à 65 USD, dégageant ainsi une marge jugée excessive. «…à titre illustratif, une commande de seulement 100 000 paires de plaques pourrait générer plus de 3,5 millions USD de gains au profit d’intermédiaires privés, au détriment du Trésor public», a-t-elle précisé.

Et d’ajouter,

« l’analyse de la loi des finances 2026 révèle une absence de traçabilité des recettes liées aux plaques d’immatriculation et les prévisions de la Direction générale des impôts (DGI) font état de seulement 2,2 millions USD de recettes attendues pour 65 417 requérants, un chiffre largement inférieur au potentiel réel du secteur», a-t-elle fait savoir.

Et de poursuivre,

«…la CNPAV exige la suspension immédiate de l’opération de changement obligatoire des plaques jusqu’à la clarification complète du processus», a-t-elle déclaré.

Somme toute, la CNPAV exige l’ouverture d’enquêtes judiciaires sur de possibles conflits d’intérêts, faits d’enrichissement illicite et détournements de fonds publics et plaidant pour une réforme garantissant que les recettes issues de l’immatriculation automobile profitent prioritairement au peuple congolais.

Dario Kiaka