La Haute Cour militaire (HCM), siégeant en matière répressive en premier et dernier ressort, a ouvert ce vendredi 19 décembre 2025 l’examen de l’affaire opposant l’auditeur général des FARDC au lieutenant-général Philémon Yav Irung, alias « Tigre », ancien commandant de la 3ᵉ zone de défense. Le prévenu est poursuivi pour trahison, participation à un mouvement insurrectionnel et incitation des militaires à des actes contraires au devoir et à la discipline, conformément aux dispositions du Code pénal militaire.
Présidée par Joseph Mutombo Katalay, Premier président de la HCM, cette première audience a été consacrée à l’identification du prévenu et à la lecture de la décision de renvoi. Selon l’organe poursuivant, Philémon Yav Irung aurait entretenu des intelligences avec une force étrangère, notamment le Rwanda, pays accusé de soutenir la rébellion du M23. Il lui est reproché, entre autres, d’avoir relayé des messages compromettant les opérations militaires et d’avoir tenté de dissuader des officiers de combattre l’ennemi, faits réprimés par les articles 128 et 88 du Code pénal militaire.
Par ailleurs, avant l’ouverture des débats, trois juges assesseurs non magistrats ont prêté serment, conformément à l’article 27 du Code judiciaire militaire, parmi lesquels le lieutenant-général Léon Richard Kasonga et le commissaire général de la Police nationale, Benjamin Alongaboni. Arrêté en septembre 2022, l’ancien chef de la 3ᵉ zone de défense, couvrant notamment le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri, le Maniema et la Tshopo, comparaît près de trois ans plus tard.
La prochaine audience est annoncée pour le mardi 6 janvier 2026, tandis que l’armée congolaise réaffirme que ces poursuites relèvent exclusivement du respect strict de la législation militaire, rejetant toute lecture ethnique ou politique du dossier.
Dario Kiaka










