Face à l’escalade dramatique de la crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo, et plus particulièrement après la prise de la ville stratégique d’Uvira par la rébellion du M23 soutenue par le Rwanda, le Cardinal Fridolin Ambongo Besungu a lancé, ce dimanche 14 décembre 2025, à la Cathédrale Notre-Dame du Congo à Kinshasa, un appel solennel pour un dialogue national inclusif comme voie indispensable de sortie de crise.
Dans son homélie prononcé à l’issue de la 15e Assemblée plénière de l’Association des Conférences épiscopales de l’Afrique centrale (ACEAC), le prélat catholique a vivement dénoncé l’occupation d’Uvira par la rébellion de l’AFC/M23, rappelant les risques qu’une telle situation fait peser sur l’intégrité territoriale et la cohésion nationale.
Plus jamais de solutions par la force
Consternée l’exaspération des violences, l’église ne peut rester sans voix. « Nous ne pouvons ni fermer les yeux ni nous taire », a déclaré le Cardinal Ambongo, exprimant sa profonde solidarité avec les populations civiles durement touchées par la violence et les déplacements massifs.
Et d’ajouter « la paix ne peut être durable sans vérité, justice et réconciliation véritables. Ces conditions exigent la participation de toutes les forces vives, y compris les acteurs marginalisés du conflit», a-t-il indiqué.
Le Cardinal a pointé du doigt les limites des accords et initiatives de paix exclusifs, insinuant que la marginalisation du M23 dans les processus de paix avait contribué à la détérioration actuelle de la situation sur le terrain. « Si les appels de la CENCO et de l’ECC avaient été entendus après la prise de Bunagana, combien des vies humaines auraient pu être épargnées ? », a-t-il lancé, dans une vive critique de l’approche sécuritaire dominante.
Un plaidoyer pour un dialogue inclusif
Le cœur de son message reste la nécessité d’un dialogue national inclusif, non seulement entre acteurs politiques et sociaux congolais, mais aussi avec toutes les parties impliquées dans la crise, afin de s’attaquer aux racines du conflit plutôt qu’à ses seuls symptômes. « le dialogue n’est pas un signe de faiblesse mais un impératif moral et politique», a-t-il rappelé.
La posture de l’archevêque métropolitain de Kinshasa s’inscrit dans la dynamique des nombreux appels qu’il a déjà lancés depuis plusieurs mois en faveur d’une « table ronde » élargie, un cadre où toutes les composantes de la nation peuvent confronter leurs visions et construire une solution commune à la crise multidimensionnelle qui secoue le pays.
Dario Kiaka










