Alors que les discussions autour des accords de Washington continuent de susciter débats et interrogations au sein de l’opinion congolaise, Jeef Pembi, Administrateur principal du mouvement ALERTE-RDC a livré, dans cet entretien exclusif accordé à la rédaction de CONGOINFO.NET, ce vendredi 05 Décembre 2025, son analyse sur la dynamique politique actuelle, saluant «la volonté du Président de la République de rechercher la paix sur tous les fronts, tout en appelant à un recentrage du processus sur les priorités internes.»
Dans un contexte politique et securitaire tendu, notre interlocuteur a adopté un ton critique et souligne leur dimension économique dominante des accords récemment signés. « Ce sont d’abord des accords économiques, conçus pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement américaines en minerais stratégiques. Dans cette équation, le Rwanda a obtenu l’essentiel de ce qu’il visait dès le début des négociations en juin.», a-t-il relevé.
La RDC, estime-t-il, apparaît dans ce contexte, « comme un acteur obligé dans une dynamique largement favorable aux intérêts américains et rwandais».
Pour cet acteur influent de la société civile, le message est clair: «la RDC ne peut compter uniquement sur des processus extérieurs pour se réconcilier et se stabiliser. Nous en appelons au Président Tshisekedi de bien vouloir ramener la discussion au pays, écouter toutes les voix, même les plus critiques. C’est à ce prix que nous reprendrons notre destin en main, lorsqu’il faut tenir compte des hostilités qui ne font que se multiplier dans les zones en conflit», a-t-il précisé.
Et d’ajouter,« Il faut un dialogue franc, inclusif et courageux. Il permettra de comprendre ce qui peut ramener certains à la table et éteindre les braises internes qui alimentent cette guerre qui secoue l’Est de la RDC depuis les décennies.», a-t-il indiqué.
Le schéma proposé par la CENCO/ECC reste la voie cruciale de sortie de crise tant politique que sécuritaire”
À ce sujet, il a laissé entendre : «le schéma de la CENCO/ECC qui place le dialogue interne, la réconciliation nationale, la réforme de l’armée, et la cohésion communautaire au centre, est à nos yeux la voie cruciale pour sortir de la crise générale à laquelle fait face le Pays».
Les pères de l’église ont proposé, poursuit-il, un mécanisme ancré dans la réalité congolaise, pas dans des intérêts extérieurs. Si l’on combine la volonté du Chef de l’État, la pression citoyenne, la lucidité des leaders religieux et un dialogue interne bien structuré, alors oui, la RDC peut enfin trouver une issue d’une paix durable.
Parlant de la nécessité d’élargir les discussions, Jeef Pambi pense que «les partenaires de la sous-région, notamment le Burundi, l’Ouganda, la Tanzanie, voir même le Kenya, doivent être associés, car les dynamiques sécuritaires actuelles sont interconnectées»., note-t-il.
“rendre les accords lisibles : un impératif citoyen”
Enfin, La société civile toute entière appelle à la vulgarisation claire, accessible, populaire des accords de Washington. « Les citoyens doivent comprendre ce qui a été signé : ce que la RDC gagne, ce qu’elle engage et les implications pour les ressources du pays. Aujourd’hui, le débat est trop technique. Il faut expliquer en termes simples, dans les langues nationales, voir même.», a-t-il martelé.
Et de renchérir, «la transparence est non seulement un devoir gouvernemental, mais aussi une condition pour renforcer la confiance des Congolais dans le processus de paix.», fin de citation.
Dario Kiaka










