RDC/Affaire Constant Mutamba: Pourquoi est-il détenu au cachot et non en prison ou résidence surveillée ?

Dans sa lettre de 13 pages adressée à ses enfants depuis son lieu de détention, le 09 Novembre dernier, dont une copie est parvenue à la rédaction de CONGOINFO.NET, Constant Mutamba évoque la dureté des conditions de son incarcération avec l’absence de lumière, d’air naturel, et l’isolement. Ce qui sous entend, selon un expert de la CNDH qui a requis l’anonymat, des conditions de détention illégales et non conforme aux normes nationales et internationales des droits de l’homme.

Alors qu’une certaine opinion semblait supputer sur sa mise en résidence surveillée, quelques questions taraudent le esprit de plus d’un congolais: Si Mutamba était réellement un « résident sous surveillance » et non au cachot, évoquerait-il cet isolement extrême? Est-ce une stratégie pour minimiser l’indignation ou reflète-t-il une situation réelle? Ou encore, cela ne révèle-t-il pas plutôt un malaise plus profond dans le fonctionnement démocratique du pays ? Tentatives des réponses dans la suite d’une enquête menée par la rédaction de CONGOINFO.NET.

Un réquisitoire politique ?

Dans une autre lettre de Constant Mutamba datée du 7 novembre 2025, Consultée pa la rédaction dans le cadre de la même enquête, Mutamba accuse les collaborateurs du Président Félix Tshisekedi d’avoir manipulé la justice pour le faire tomber. Il dénonce « un procès politique de pacotille » et affirme que des « réseaux mafieux politico-judiciaires » visent à neutraliser toute voix dissidente. Il appelle également à une réforme profonde du système judiciaire, qu’il juge « aux ordres des intérêts privés ».

Somme toute, la lettre de Constant Mutamba à ses enfants résonne aujourd’hui comme un appel à la dignité, à la mémoire familiale, et à la responsabilité politique. Elle soulève des questions essentielles sur l’état de la justice en RDC, le respect des droits fondamentaux, et le rapport entre pouvoir politique et institution judiciaire.

Si l’on accepte, comme lui, qu’il a servi la République « avec sincérité, dignité et loyauté », alors son traitement mérite d’être examiné de près.

Dario Kiaka